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Sentier de l'Etrange

 Le Sentier de l'Etrange : infos pratiques

 

Il se passe de bien étranges choses dans ce village du beau Pays des Collines. L’insolite apparaît à chaque coin de rue, dans les bosquets ou encore l’orée d’un bois invitant le promeneur à une agréable balade de 7 km.

L’idée d’une promenade en pleine nature, agrémentée de sculptures, bas-reliefs représentant des lutins sorcières… ou autres diableries germa dans les années 80 dans la tête de Watkyne, cet initiateur du folk-art, des sabbats et autres ludiques festivités locales.

 Chaque année depuis 1984, il agrémente de nouvelles œuvres cette promenade unique. Il crée ainsi un musée en plein air, une exposition permanente… que l’on peut pratiquer en toute saison.
Les différentes œuvres sont réalisées avec les matériaux les plus divers : béton, bronze, fonte, polyester ou encore du matériel agricole récupéré…
Les arbres ou « chôkes » en picard sont peinturlurés et ornés d’yeux envoûtants qui vous fixent d’une bien étrange manière.
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 ps salle 1 vert wp.jpg La nature, omniprésente est l’autre attrait de la région. Celle-ci est encore particulièrement bien préservée au point d’ailleurs que la création d’un parc naturel a abouti en 1995. En effet, il est encore possible d’admirer des paysages verdoyants et ondulants où se nichent de nombreux hameaux aux toits rouges qui animent le paysage et contrastent avec le vert de la nature.
Durant l’itinéraire, le promeneur rencontrera aussi de nombreuses chapelles, attestant d’une forte croyance religieuse au XIXème siècle. Mais a-t-elle vraiment disparu ?
 

L’expédition, qui commence à la place d’Ellezelles forme une boucle de 7 km permettant au visiteur de revenir au point de départ. Attention, par temps de pluie, il est conseillé de prendre des bottes. Le promeneur trouvera un dépliant explicatif à la Maison du Pays des Collines.

Pour le guider, de petits diables verts ou de rouges sorcières flèchent les sentes à parcourir.
D’abord se préserver du mauvais sort en passant la main sur la tête de Quintine en prononçant la formule magique « Houp, houp, riki rikete, padzeur les haies et les bouchons, vole au diâle èt co pu lon ».
Un peu plus loin, plusieurs bas-reliefs mettent à l’honneur la région. Un panneau présente le Pays des Collines : Frasnes avec son dieu des Monts et son berger, Flobecq et son géant St-Christophe et Ellezelles avec son moulin à vent du Cat Sauvage et son inévitable sorcière.
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 L’autre panneau détaille l’activité étrange et folklorique du village d’Ellezelles.
Tout ça sous l’œil interrogateur d’un étrange personnage né à Ellezelles le 1er avril 1850, le célèbre détective Hercule Poirot !

Derrière la maison communale, dans un recoin d’une venelle étroite, une terrible sorcière guette le passant. C’est « Eul Pichoure » et pour une pièce de 50 cent , elle permet de comprendre la signification de ce terme wallon-picard.

D’autres bas-reliefs en polyester décorent certaines façades du village mais assez rapidement l’on quitte le bourg. A sa sortie, une grande sorcière bleue indique la route à suivre et vous livre la formule incantatoire « Houp houp… ».

 

Après une partie boisée, peuplée d’êtres étranges, le chemin des grimpettes qui porte bien son nom, vous amène face au diable qui les nuits de pleine lune joue du crin crin et entraîne les âmes égarées dans une folle farandole.

Isolée entre des champs et des prairies, le calvaire du « Bon Minique » rend hommage aux gens simples du pays. Le crucifix a disparu plus d’une fois ce qui a contraint Watkyne à le peindre directement sur la croix.

La promenade traverse le hameau de la Bruyère pour arriver au Paradis de Wodecq.

A l’orée d’un petit bois, un chat roux guette le visiteur. Celui-ci n’a pas le temps de se retourner, que d’autres œuvres se présentent à lui : un cadre vide permet à chacun de créer son propre paysage, un effrayant loup-garou et Léonard qui préside le sabbat…

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Des personnages étranges, lointains parents des têtes de l’île de Pâques, fixent le paysage où se blottit le village d’Ellezelles, point de départ de la randonnée. Avec un peu de chance, on peut voir se détachant sur l’horizon le moulin du cat sauvage qui bat l’air d’une vigueur retrouvée.

Un peu plus loin, entre deux bosquets, un saule têtard en béton rend hommage à l’arbre fétiche de nos contrées, la « chôke ». Le dessinateur Hausmann, le scénariste Pierre Dubois vous présentent leur héroïne Laîna.
Le semeur et le faucheur trônent sur des piliers rappelant le cycle de la vie et le monde rural traditionnel.

La descente s’amorce déjà par un chemin creux rempli de surprises sous la forme de vert bouc, lutin, totem, cyclope ou encore bête à sept têtes évoquant des êtres fantastiques peuplant la région et issus de récits recueillis auprès des personnes âgées du village qui détenaient encore la tradition orale. Mais toutes ces œuvres sont si bien intégrées dans la nature qu’il n’est pas rare d’en rater plusieurs. A vous de les découvrir.
Deux cornemuseux rendent hommage à l’habitant de la fermette à proximité. Ce dernier anime d’un air de cornemuse les diverses festivités locales.

Après un dernier tronçon à travers champs où l’on verra entre autre la chapelle Notre-Dame de la Paix, ancien lieu de culte consacrée à Saint-Abraham. On venait l’invoquer pour avoir de nombreux enfants et comme actuellement il y a plus de voleurs de statues que d’amateurs de famille nombreuse, Mr. Le Curé l’a placé en lieu sûr et on y a mis une œuvre en polyester, copie libre de Watkyne.

La promenade se termine par la ferme de Fourquepire, la chèvrerie et la cabine électrique décorée à la Watkyne.

Claude Vandewattyne